QUELQUES CHIFFRES
29/04/2008

Marché Velo Pratiquement stable en volume, le marché francais du cycle a entamé une profonde mutation en 2007: sous l'impulsion de Velov, Vélib et compagnie, le grand gagnant est le vélo de ville,emmenant dans son sillage le vélo à assistance électrique.Passer de 3 527 600 ventes à 3 527 600 ventes entre 2006 et 2007 pourrait sembler anecdotique. A deux "détails" près: Sur ces 3 millions et demi de vélos vendus, bien moins de 3 millions ont fait l'objet de livraisons en cours d'année (900 000 de la part des constructeurs français, 1 800 000 via les importateurs), soit une baisse de 14%. Il faut y voir l'effet de l'entrée en vigueur des nouvelles normes de sécurité,qui ont provoqué l'apuration des stocks. Soit dit en passant, ces normes étaient applicables depuis octobre 2007 en livraison aux réseaux et le sont depuis cette fin avril 2008 en commercialisation aux particuliers. De toutes les familles de cycles, il y en a une qui se distingue: le vélo de ville, en hausse de 35% en volume et de 39% en chiffre d'affaires. A sa hausse correspond un net retrait des VTT et BMX, et donc l'émergence d'une nouvelle forme de cyclisme, la mobilité urbaine, au détriment du pur loisir ; comme si les formules de location dans les grandes municipalités avaient réveillé une autre pratique du vélo chez les citoyens. A cet égard, l'émergence du VAE (vélo à assistance électrique) est un phénomène qui n'a plus rien de marginal : on en a dénombré 9 700 sur 2007, soit 62% de plus qu'en 2006, pour un prix moyen de 1 000€. Bon à savoir : 42% de ces VAE ont été diffusés par les détaillants indépendants, 30% par les enseignes, 22% par les grandes surfaces spécialisées (GSS) et 6% par les grandes surfaces alimentaires (GSA) et lesautres circuits. Une fois ces éléments intégrés, le marché du cycle en 2007 reste conforme à ses tendances lourdes des dernières années. Le secteur, qui génère 12 000 emplois directs, a pesé 1 429 800 000 euros de chiffre d'affaires l'an passé (+5.5%), hors ventes sur internet considérées comme marginales. les ventes se sont ventilées comme suit: 876.3 millions pour les cycles complets (+6%), sur lesquels le VTT demeure dominant: VTT et vélos de course réalisent toujours à eux seuls 60 % du chiffre d'affaires. 553,5 millions pour les périphériques (+5.5%), répartis à 43% dans les composants, 30% dans les accessoires, 22 % dans les vêtements et équipements de la personne et 5% dans les cadres et fourches. Quant aux cycles eux-mêmes, et si le velo de ville est le gagnant, le vélo d'enfant hors VTT (+15%) et le vélo de course (+8%) s'en sortent bien aussi. Dans le domaine des circuits de distrubution, les GSS apparaissent toujours plus puissantes (elle font désormais la moitié du volume), au détriment des GSA, qui chutent de 7.5%. Les spécialistes, qu'il s'agisse d'indépendants ou d'enseignes, restent cependant majoritaires en chiffre d'affaires (52%). Il faut dire que le prix moyen d'un vélo (248 €) varie énormément d'un circuit de distribution à l'autre : 95€ en GSA, 188 € en GSS, 517 € chez les indépendants et 576 € chez les enseignes, même si la tendance est à la hausse dans tous les réseaux. Reste à savoir quel sera l'effet à long terme des nouvelles procédures d'homologation, particulièrement coûteuses pour les artisans (en gros, 3 000 € par modèle), et pour l'instant uniquement appliquées en France. L'Europe, l'Asie et les Etats-Unis suivront-ils ? C'est tout l'enjeu de ces nouvelles normes. Il faut ainsi savoir, et le salon de Taipei, à la mi-mars, l'a bien annoncé, que les prix sont condamnés à monter sensiblement dans les mois qui viennent, ne serait-ce que par la faute des matières premières, et même si nombre d'achats sont indexés sur le dollar. On s'en serait bien passé... Enfin, subsiste une interrogation quant à la politique de la SNCF, qui tend de plus en plus à resteindre l'accés de ses TER aux cyclistes sans autant mettre à leur disposition dans les gares des parkings dignes de ce nom : un peu fâcheux quand les villes, d'un autre côté, disent vouloir encourager la bimodalité !